C’est le tout premier témoignage que j’ai publié. Elle raconte une rechute très dure après sa thérapie, et ce qu’elle a compris ensuite : on ne s’en sort pas seulement en luttant, mais aussi en acceptant. Un message que je partage complètement.
En bref
- Témoignage reçu par Camille et publié sur Instagram @peau.ssible en novembre 2019
- Dermatillomanie depuis 9 ans
- Zones : les épaules, le visage, la poitrine, le dos
- Ce qui l’a aidée : une TCC, travailler l’acceptation, la cohérence cardiaque, son copain
« Je l’ai longtemps détestée. Je voulais tellement m’en débarrasser que j’ai fait un immense travail sur moi, et que j’ai découvert beaucoup de choses que je n’aurais peut-être jamais découvertes sans elle. »
9 ans de derma
La rechute
Je souffre de dermatillomanie depuis 9 ans. J’ai suivi une thérapie comportementale et cognitive pendant 1 an et demi, et j’ai eu une rémission d’un mois et demi en janvier (quelle liberté je ressentais alors !).
Et puis, à la fin de ma thérapie, j’ai violemment rechuté. J’ai fait un burn-out et j’ai traversé des phases dépressives. Ça a été la période la plus douloureuse de ma vie !
Je réussissais plus ou moins à me relever, mais avec une alternance de phases positives et de phases négatives. Ces rechutes ont été tellement les pires de toute mon histoire avec ce trouble que les marques et cicatrices que je me suis faites à ce moment-là n’ont jamais été aussi tenaces ! Même si je me demandais comment ma peau réussissait toujours à s’en remettre…
Ma peau, toujours là
Quelle reconnaissance je lui dois, de toujours guérir, de toujours cicatriser ! De toujours se relever…
J’ai passé l’été recluse, mes épaules et mon visage (mais aussi ma poitrine et mon dos) étaient si abîmés… Je n’ai vu presque personne. Je n’avais plus la force, comme j’ai pu l’avoir dans le passé dans des moments difficiles, d’affronter les autres. Tout s’est accentué, et tout m’a achevée !
Heureusement que j’avais quelques personnes chères sur lesquelles compter, et qui me soutiennent… (comme mon tendre copain, qui est toujours là).
En plus de la dermatillomanie, évidemment, j’ai beaucoup d’autres problèmes, émotionnels, physiques, etc. (mon corps déraille à divers endroits !).
Épuisée de lutter
J’avoue avoir été épuisée d’essayer de m’en sortir. Je savais que ce n’était pas en « combattant » mon trouble qu’il allait se détacher de moi, mais plutôt en l’acceptant… C’est pourtant bien ce que j’avais essayé de faire pendant des mois !
Trop donné
Je me suis déjà tellement démenée. J’ai suivi ma thérapie de façon très studieuse (et voilà un autre souci… le perfectionnisme !), et tous les jours, j’y travaillais d’arrache-pied !
Mais je me suis ensuite retrouvée confrontée à un manque d’énergie, car j’avais déjà trop donné. Évidemment, je voulais encore donner comme il se doit, car j’étais très déterminée et je voulais agir, mais c’est comme si ma volonté de fer de m’en sortir avait été souillée, abîmée, fragilisée…
Un chemin long et périlleux
C’était dur… Très, très dur… C’est coriace. Les craquages et les crises demeuraient, et ma vie sociale en était forcément altérée.
Le chemin vers la guérison est long et périlleux, m’avait-on dit, mais j’avoue que je n’avais pas mesuré à quel point ! Sans doute me fallait-il encore plus de patience, de persévérance… À re-teinter d’espoir, sans doute !
Puis, je me suis relevée
Ça a commencé à aller mieux. J’avance toujours, la derma est encore présente, et il y a des moments pas faciles, mais je me sens moins au fond du trou. Mes séquelles physiques sont d’ailleurs bien moins importantes, et moralement, mon état est meilleur.
Durant mes tout premiers mois de thérapie, je croyais un peu naïvement qu’en fournissant suffisamment d’efforts, j’endiguerais ce problème rapidement. Mais en fait, la réponse était plus profonde que ça.
Le travail sur l’acceptation
Accepter, même avec des croûtes
Depuis septembre, j’ai commencé un travail sur l’acceptation : non pas seulement quand ma peau est bien et que je n’ai rien, mais même quand ma peau a été grattée et qu’elle a des croûtes.
Je croyais l’avoir acceptée avant, mais c’était seulement intellectuel, et je me rends compte que profondément, ce n’était pas le cas… Aujourd’hui, j’arrive à sortir même si ma peau n’est pas top.
J’arrive beaucoup plus facilement à accepter mes croûtes par-ci, par-là, quand il y en a. Je ressens vraiment une évolution dans mon rapport aux autres avec ma peau, et je crois que c’est parce que je me cachais sans cesse qu’il était impossible que je m’en sorte complètement…
Rester vigilante
Je continue à me faire des contrats. Il y a des moments où je baisse les bras, car c’est toujours vraiment dur, et je n’y crois plus. Mais j’arrive rapidement à me relever et à poursuivre mes efforts et mes exercices.
Et même quand je baisse les bras, mes crises sont moins longues et font moins de ravages qu’il y a quelques mois ! Donc je pense que je suis sur une bonne voie, mais je sais aussi que le chemin est encore long, et qu’il faut que je reste sans cesse vigilante…
Je n’ai pas encore essayé l’hypnose, mais j’ai un rendez-vous dans quelques jours. Je vais lui parler de la derma et d’autres « soucis », et voir ce que ça donne. Aussi, depuis ton post sur la cohérence cardiaque, j’en fais tous les jours, 3 fois par jour.
Ce qui m’aide
Les conseils du compte
Les posts du compte Instagram Peaussible me servent vraiment… J’essaie de mettre en application beaucoup de ces conseils qui, à leur lecture, ont immédiatement fait écho en moi (en plus de ceux que j’ai gardés de ma thérapie et que j’applique toujours… sauf dans les très mauvaises journées où le désespoir me gagne !) :
- les 3A après une crise ;
- la liste des moments à risque et des solutions pour éviter le pire ;
- comment se regarder dans le miroir ;
- la découverte du podcast « Change ma vie »…
Je vais commander l’huile de calophylle aussi ! (J’avais déjà la rose musquée, et pour les cicatrices, c’est top aussi !)
Pour ce qui est de la méditation, des EFT, etc., je pratique déjà de mon côté… donc je dis oui !
Regagner espoir
Et puis, quand je me sens triste, ou dépassée par ce problème, je reviens lire les posts. Et face à cette douceur, cette compréhension, la délicatesse des conseils, cet altruisme même, je regagne espoir. Les posts parlent en connaissance de cause, ils sont emplis de bienveillance, ils nous tendent la main.
Ce que la derma m’a appris
Au final, je dirais que ce qui m’aide aujourd’hui, c’est de voir la derma comme une problématique qui peut nous apporter beaucoup, sur nous-mêmes, sur la vie…
Je l’ai longtemps détestée, mais j’ai tellement appris avec elle. Je voulais tellement m’en débarrasser que j’ai fait un immense travail sur moi, et que j’ai découvert beaucoup de choses que je n’aurais peut-être jamais découvertes sans elle… Et je sais que ce potentiel se trouve en chacune de nous !
Ce que je retiens
« Je croyais l’avoir acceptée, mais c’était seulement intellectuel. » Cette phrase m’a beaucoup parlé. Accepter sa peau, même les jours où elle a des croûtes, c’est peut-être le plus dur. Et c’est souvent là que tout commence à bouger.
♥️ Retrouvez Peaussible sur Instagram @peau.ssible
🎧 Les notes vocales Peaussible
Et si vous aviez un soutien 24/7 pour limiter les crises ?
J’ai enregistré 24 messages vocaux pour vous guider dans tous les moments à risque, qu’on connaît bien avec la dermatillomanie. Vous les écoutez quand vous en avez besoin, de jour comme de nuit, et je vous accompagne pour les traverser.



