LA DERMATILLOMANIE :
UN TROUBLE PEU CONNU

La dermatillomanie est un trouble qui se caractérise par des comportements de vérification, triturage/ chipotage et ou grattage, répétés, compulsifs, irrépressibles et obsessionnels de la peau sur le visage et ou le corps.

Le.la dermatillomane cherche à « lisser » sa peau en enlevant la moindre imperfection, visible ou sentie sous les doigts (boutons, points noirs, croûtes, peaux mortes, poils incarnés, cicatrices, reliefs) ou en créant lui-même des irrégularités de peau à partir de “rien”. Paradoxalement, ces grattages compulsifs créent des lésions, dont la personne est consciente sans qu’elle ne puisse s’empêcher de les effectuer. C’est un trouble très difficile à vivre, qui impacte fortement l’estime de soi et peut conduire à un repli sur soi et de l’isolement.

La dermatillomanie serait une façon de soulager des tensions internes. La peau, organe très profond, est en effet un haut lieu de somatisation. Elle parle et devient le support d’angoisses et de non-dits.

Le triturage occasionnel de la peau (percer quelques boutons ou arracher une croûte de temps en temps) n’est pas de la dermatillomanie. Le trouble se caractérise vraiment par son côté addictif, douloureux et régulier.

Elle ne s’apparente pas non plus à de l’automutilation, malgré les similitudes que ces deux comportements présentent (il est toutefois possible de cumuler les deux).

La peau après une crise de dermatillomanie

UN TOC, UNE ADDICTION ?

Ce trouble fait aussi partie de la famille des CRCC (Comportements Répétitifs Centrés sur le Corps) au même titre que :

  • la trichotillomanie : arrachage compulsif des poils et cheveux
  • l’onychophagie : acte de se ronger les ongles
  • le fait de se mordre les lèvres et l’intérieur des joues

Catégorisée parmi les TOC (Trouble Obsessionnel Compulsif), la dermatillomanie s’apparenterait plutôt à un tic ou un TCI (Trouble du Contrôle des Impulsions), lié à une addiction comportementale. Longtemps restée méconnue ou confondue avec de simples problèmes cutanés, la dermatillomanie a été théorisée pour la toute première fois en 1898 sous le terme «acné excoriée des jeunes filles», par le dermatologue français L. Brocq. Mais il faudra attendre 2013 pour que la dermatillomanie soit enfin classée comme un véritable trouble psychique et soit inscrite dans le DSM-5 parmi les « troubles obsessionnels-compulsifs et apparentés».

LES CAUSES

La dermatillomanie est un trouble complexe. Les causes diffèrent selon les personnes et peuvent être multiples. Ces causes incluent souvent un rapport à soi et/ou aux autres perturbé, ainsi qu’une accumulation de tensions internes (conscientes ou non). Un certain déséquilibre chez la personne trouve refuge et s’exprime dans ce comportement destructeur.

Voici une liste non exhaustive de causes possibles :

  • Traumatisme
  • Anxiété
  • Mauvaise gestion des émotions
  • Dépression
  • Hyper-perfectionnisme
  • Troubles neuro-développementaux : TSA (Trouble du Spectre de l’Autisme) et le TDAH (Trouble de l’Attention avec ou sans Hyperactivité)
  • Manque de confiance / estime de soi
  • Déficit en sérotonine et dopamine
  • Génétique (TOC)

S’EN SORTIR

La dermatillomanie retentit beaucoup sur la qualité de vie des personnes atteintes. Pour en guérir, le travail peut être long, mais il en vaut la peine. Mais alors, quoi faire pour aller mieux ?

  • Les Thérapies Cognitivo-Comportementales (TCC) sont particulièrement indiquées pour les TOC, tic et addictions. La thérapie d’Acceptation et d’Engagement (ACT) peut également être une approche intéressante. + rediriger vers mon épisode de podcast sur les TCC ?
  • L’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) va aider les personnes ayant vécu des traumatismes à se désensibiliser de ce souvenir, ce qui pourra fortement réduire le niveau d’anxiété (souvent en cause dans la dermatillomanie).
  • L’hypnose, elle, pourra faciliter le changement de certains comportements.
  • Les approches énergétiques (comme l’EFT) peuvent égale-ment avoir de très bons résultats, surtout quand le travail en thérapie classique semble insuffisant.

Mais libre à chacun de trouver l’accompagnement qui lui convient le mieux. Se faire aider par un professionnel est bien souvent nécessaire (selon la gravité du trouble), et peut en tout cas permettre d’atteindre des résultats plus rapidement et de s’engager dans une véritable dynamique positive. Il n’est pas nécessaire que le thérapeute connaisse la dermatillomanie s’il est déjà formé à l’écoute de problèmes similaires. Le travail concernera les émotions, la gestion du stress, les habitudes, une meilleure connaissance de soi et un apaisement avec sa propre histoire de vie mais également le traitement des éventuels syndromes associés (dépressif par exemple) ou un terrain de TOC, pour éviter les récidives

Un traitement médicamenteux peut être prescrit en cas de comorbidités (troubles associés) comme la dépression, les troubles de l’humeur ou le TDA/H. Bien que non ciblé sur la dermatillomanie, le traitement pourra, chez certaines personnes, atténuer les grattages en régulant leur cause (hyperactivité motrice, déficit de sérotonine ou de dopamine, etc.) Certains compléments alimentaires adaptés, pour réduire les carences et soutenir le système nerveux, peuvent également être intéressants (à voir avec un professionnel de santé).

Un suivi dermatologique peut être nécessaire pour les personnes chez qui l’acné est un déclencheur. Mais il ne devra s’effectuer qu’en parallèle d’un travail d’ordre psychologique, au risque de voir le trouble se déplacer ailleurs lorsque l’acné diminuera.

Un travail de relaxation : sophrologie, pleine conscience, techniques de respiration, yoga, activités sportives (dont la marche) et activités manuelles seront des aides considérables dans ce parcours de guérison, pour soulager les tensions internes, se reconnecter à soi et retrouver du plaisir au quotidien.

Un accompagnement sur l’hygiène de vie globale (alimentation, sommeil, etc.) permet généralement d’optimiser les effets de tout suivi psychique et peut également avoir des conséquences positives sur la qualité de la peau. Guérir de la dermatillomanie (comme de tout autre trouble) nécessite souvent une prise en charge intégrative alliant plusieurs approches et professionnels. Cet accompagnement peut se faire avec des médecins à l’approche holistique, ou des naturopathes par exemple.

S’en sortir, c’est peaussible !
Gardez toujours espoir et prenez soin de vous.

SORTI EN 2023

MON LIVRE

La dermatillomanie est un trouble qui se caractérise par des comportements de vérification, triturage et ou grattage.

“J’ai réussi à sortir de la dermatillomanie après 15 années de lutte et je raconte tout ça dans mon livre “Mon histoire avec la dermatillomanie”.

Ce livre est celui que j’aurais rêvé avoir quand je souffrais de ce trouble. Il a été pensé comme un compagnon de route, pour vous permettre, vous aussi d’aller mieux, et de gagner du temps sur votre chemin de guérison.”

ÊTES-VOUS ATTEINT.E DE DERMATILLOMANIE ?

Pour une grande majorité, la dermatillomanie se développe progressivement durant l’adolescence (10-14 ans) avec l’apparition de l’acné. Ce trouble peut toutefois survenir à tout âge : très jeune pour certains et/ou suite à un choc (traumatisme, profond changement de vie, etc.) pour d’autres, sans avoir forcément d’acné.

La dermatillomanie peut se manifester à un degré léger, modéré ou sévère. La gravité va dépendre de l’envahissement provoqué par le trouble dans la vie de la personne. On parle de “trouble” à partir du moment où une véritable souffrance est présente dans la vie de la personne atteinte.

Ces différents symptômes pourront vous aider à effectuer un pré-diagnostic. Vous ne vous reconnaitrez pas forcément dans tous les points, mais si vous en cochez une majorité, il est fort probable que vous souffriez de dermatillomanie.

Liste des symptômes

TRITURAGES

Vous grattez, percez, arrachez, pincez, triturez, coupez, parfois jusqu’au sang, les irrégularités que vous voyez ou sentez sur votre peau : boutons, points noirs, croûtes, peaux mortes, poils incarnés, aspérités diverses (grains de beauté, cicatrices, callosités, pellicules). Certaines personnes atteintes mangent ce qu’elles grattent.

Vous utilisez parfois des outils : pince à épiler, aiguille, ciseaux pour triturer votre peau.

Vous attaquez uniquement votre visage ou une autre zone comme la poitrine, le dos, les épaules, les jambes, le cuir chevelu, ou plusieurs zones en même temps.

Vous triturez votre peau un peu tout le temps, ou alors le soir en rentrant chez vous (dans la salle de bain par exemple), lors d’activités passives (révisions, télévision, cinéma, etc.) ou dans la voiture. Certaines personnes grattent également leur peau durant leur sommeil, de façon inconsciente.

Vous faites des “crises” durant lesquelles vous perdez la notion du temps. Vous avez l’impression d’être dans une sorte de transe, qui peut durer quelques minutes comme plusieurs heures.

RAPPORT À LA PEAU

Vous avez plus que tout envie d’arrêter les triturages, mais malgré vos promesses à vous-même et les phrases comme “demain j’arrête”, vous recommencez sans cesse.

Vous ressentez le besoin de faire sortir quelque chose (triturages) et/ou de lisser (grattages) votre peau, mais aussi, parfois, de vous nettoyer, de vous auto-purifier. Il convient de noter que le.la dermatillomane ne souffre d’aucune démangeaison.

Vous ressentez un sentiment de satisfaction, de plaisir ou de soulagement pendant les triturages ; suivi de beaucoup de honte, de culpabilité, de tristesse après ces “crises”.

Vous regardez souvent votre peau de très près (ou passez beaucoup de temps à passer votre main sur votre peau pour chercher des aspérités).

Vous pensez à votre peau en permanence et appréhendez le jugement des autres sur votre peau.

Vous regardez la peau des personnes autour de vous et vous comparez souvent. Il vous arrive d’envier la peau d’autres personnes.

CONSÉQUENCES

Vous annulez parfois des sorties ou RDV médicaux à cause de l’état de votre peau. Il vous arrive de mentir pour justifier une marque ou une annulation de sortie.

Vous dépensez parfois beaucoup d’argent dans des produits cosmétiques pour essayer d’améliorer l’aspect de votre peau.

Vous cachez votre peau, avec des vêtements couvrants, vos cheveux, du maquillage, ou en fuyant les lumières trop fortes et révélatrices. L’été est une période compliquée, que vous redoutez (avec les baignades, tenues dénudées, etc.).

Vous vous attaquez parfois aux imperfections de vos proches (ou avez envie de le faire).

Vous avez beaucoup de mal à en parler à votre entourage de peur de leur réaction. Ce trouble constitue un profond tabou, une honte.

Vous êtes perfectionniste, de nature anxieuse, avec une peur de l’échec, un manque de confiance en vous et d’estime de vous.

La dermatillomanie peut être associée à d’autres troubles psychiques. On parle alors de comorbidités. Les plus fréquentes sont : addictions (cigarette, alcool, drogues), TOC variés (de nettoyage, de symétrie), Troubles des Conduites Alimentaires (TCA), trichotillomanie, onychophagie, dépression, troubles de l’humeur, troubles de la personnalité, troubles du spectre de l’autisme (TSA), troubles de l’attention (TDA/H), phobie sociale, blemmophobie (peur du regard de l’autre), éreutophobie (peur de rougir), trypophobie, auto-mutilations, dysmorphie corporelle.

Dans le cadre du trouble du spectre de l’autisme (TSA) et du TDA/H, la dermatillomanie pourrait être une autostimulation (stimming), même si le sujet fait encore débat. Les triturages seraient une répétition incontrôlée de gestes parasitaires, et/ou une manière de s’occuper les mains.

La douance (haut-potentiel intellectuel) semble fréquente également parmi les personnes atteintes de dermatillomanie.

GRANDE ENQUÊTE SUR LA DERMATILLOMANIE

Mes échanges quasi-quotidiens, entre janvier 2019 et mai 2021, avec toute une communauté de dermatillomanes, m’ont permis d’en apprendre énormément sur le fonctionnement de ce trouble, ainsi que sur la diversité de ses manifestations (en plus de ma propre expérience qui aura duré quinze ans).

En l’absence d’études sur le sujet, j’ai décidé de lancer, en février 2019, ma propre enquête sur la dermatillomanie via un questionnaire. Vous pouvez d’ailleurs toujours y répondre si vous ne l’avez pas encore fait. Cela aidera à faire grandir les connaissances sur la dermatillomanie.

Au 30 mai 2021 : 2009 réponses ont été obtenues. Voici les résultats les plus marquants (mis à jour régulièrement).

Ceci est donc mon analyse de la dermatillomanie.

NB : Je ne suis pas spécialiste en statistiques. Ceci est une étude réalisée à mon échelle, avec mon niveau de compétences. Il convient de prendre du recul face à ces chiffres et de prendre en compte les éventuels biais de réponse.

Répondants : 2 058 personnes touchées par la dermatillomanie

Sexe : 98% femmes – 2% hommes
Âge moyen : 27 ans (panel : 14-62 ans)
Lieu : divers en France & dans le monde

Situation : salariés (40,3 %), étudiants (37,5 %), travailleurs indépendants (6,7 %), en recherche d’emploi (6,3 %), sans activité (2,7 %), autres.

Synthèse des résultats : DERMATILLOMANIE

Sur quelles zones vous grattez-vous ? (2 050 répondants)

Réponses multiples

  • 92,8 % visage
  • 5,6% dos
  • 52,3 % poitrine / décolleté
  • 42 % épaules
  • 41,3 % bras
  • 35,3 % cuir chevelu
  • 27,3 % maillot / pubis
  • 27,3 % bouche / peau des lèvres
  • 27,1 % cou
  • 26,9 % mollets
  • 26,3 % cuisses
  • 19,5 % fesses
  • 16,4 % doigts de la main
  • 10,1 % ventre
  • 9 % genoux
  • 7,1 % mains
  • 7,1% pieds

Autres : oreilles, chevilles, aisselles, talons…
9 % n’attaquent que leur visage, quand la majorité des répondants grattent souvent trois zones ou plus.

Pour certain(e)s, les zones grattées évoluent également au fil du temps. Le visage est par exemple délaissé au profit d’autres zones du corps moins visibles. Ou alors les grattages se propagent / s’étendent sur de plus en plus de zones au fil du temps.

Comment est votre acné de base ? (2 041 répondants)

  • 68,8 % faible
  • 12,8 % kystique
  • 9,7 % forte
  • 8,7 % autre

Que grattez-vous ? (2 049 répondants)

Réponses multiples

  • 93,7 % boutons
  • 83,2 % points noirs
  • 80,7 % croûtes
  • 65,5 % poils incarnés
  • 46,9 % peau

Autres : pellicules, grains de beauté, ongles, callosités (pieds), kératose pilaire, cicatrices, piqûres d’insectes, grains de millium.

Combien de temps peuvent durer les « crises » ? (2 050 répondants)

  • 42,9% : entre 30 minutes et 1h
  • 21,5% : plus d’1h
  • 18,5 % : quelques minutes
  • 12,1 % : autre (en permanence, plusieurs heures, cela dépend)

À quel moment de la journée les crises se déclenchent-elles chez vous ? (2 049 répondants)

Réponses multiples

  • 90,9% : en fin de journée / le soir
  • 53,1 % : durant la journée
  • 34,8 % : au réveil
  • 12 % : durant la nuit de manière inconsciente

Autres : en voiture, n’importe quand, à chaque passage devant un miroir, pendant les moments d’ennui et/ou de stress.

Dans quel lieu les crises se déroulent-elles le plus souvent ? (2 052 répondants)

Réponses multiples

  • 83,4 % : dans la salle de bain
  • 58,9 % : devant la télévision ou lors d’une activité passive
  • 21,7 % : n’importe où
  • 16,9 % : au bureau
  • 13,7% : dans le lit
  • 11,5 % : en classe

Arrivez-vous à sortir sans maquillage ? (2 046 réponses)

  • Oui : 25,3%
  • Non jamais, même pour le sport ou autre : 25 %
  • De temps en temps : 24,2 %
  • Je ne me maquille jamais : 11,5 %
  • Autres : 9,1 %

Avez-vous réussi à identifier des éléments « déclencheurs » de vos crises ? (2 051 répondants)

Réponses multiples

  • 74,3 % : période stressante
  • 70,4 % : ennui, moment sans programme particulier
  • 63,4 % : chaque fois que vous croisez votre reflet dans le miroir
  • 34,1 % : RDV stressant
  • 31 % : au moment de l’épilation (sourcils par exemple)
  • 24,3 % : perspective de revoir une personne non vue depuis longtemps
  • 20,8 % : événement rassemblant beaucoup de monde
  • 13,7 % : non justement je ne sais jamais vraiment comment ça arrive

Autres : au réveil, fatigue, contrariété, automatisme.

Faites-vous des crises lorsque vous êtes en groupe ? (voyage ou autre) (2 042 répondants)

  • 57,5% : Non, souvent les crises diminuent mais repartent de plus belle quand je reprends mon rythme normal
  • 30,7% : Ça dépend
  • 11,8% : Oui, cela ne change rien

Que ressentez-vous après une crise ? (2048 répondants)

Réponses multiples

  • 89,2 % : culpabilité
  • 72,2 % : honte
  • 65,1 % : tristesse
  • 61,7 % : dégoût
  • 53,3 % : colère
  • 44,4 % : soulagement
  • 16,9 % : peur

Autres : satisfaction, stress, déprime, impuissance, épuisement, lassitude, incompréhension, souffrance, résignation, manque de confiance, solitude.

La dermatillomanie vous a-t-elle déjà conduit à annuler des moments / RDV ? (1346 réponses)

Réponses multiples

  • 66,2 % : soirées
  • 22,4 % : réunions familiales
  • 12 % : vacances
  • 11% : non
  • 5,2 % : examens
  • 5 % : entretien d’embauche
  • 2,4 % : mariage

Autres : rendez-vous amoureux, sortie piscine, séance de sport, rendez- vous médical

En quoi ce trouble vous gêne-t-il le plus aujourd’hui ? (1 960 réponses)

Réponses les plus fréquentes :

impacts sur la vie sociale, professionnelle, familiale et amoureuse, perte de temps (crises et maquillage), séquelles esthétiques (marques, rougeurs, cicatrices, plaies) et leur persistance dans le temps, peur du regard des autres et des moqueries, baisse de l’estime et de la confiance en soi, manque d’affirmation de soi, dégoût de soi, obligation de camoufler (maquillage, vêtements), impossibilité de mettre certaines tenues ou faire certaines activités (aquatiques, sportives par exemple), frein à la liberté, vigilance constante, sensation de cercle vicieux sans fin, mal-être (honte, culpabilité, tristesse), manque de perspectives pour l’avenir, mensonges, douleurs.

Avez-vous (ou avez-vous eu) d’autres troubles du comportement ou addictions ? (1 367 réponses)

Réponses multiples

  • Troubles du comportement alimentaire : 26,3 % (anorexie, boulimie, hyperphagie, orthorexie, phobies alimentaires)
  • Trichotillomanie : 7 %
  • TOC de symétrie : 15 %
  • TOC de nettoyage : 13,8 %
  • Dépendance à la cigarette : 19 %
  • Dépendance aux drogues : 6,6 %
  • Dépendance à l’alcool : 4,4 %

Autres : achats compulsifs, toc de vérification, onychophagie, automutilation / scarification, bipolarité, TPL, cyclothymie, hypochondrie, émétophobie, phobies d’impulsion, phobie scolaire / sociale, addictions diverses (café, sucre, sexe).

Pour les femmes : avez-vous un syndrôme pré-menstruel fort ? (2 024 réponses)

  • 39,5% : non
  • 32,6 % : ça dépend des mois
  • 27,9% : oui

Quelles phrases vous caractérisent ? (2051 réponses)

Réponses multiples

  • J’ai toujours l’impression de TROP penser, de ne pas arriver à mettre mon cerveau sur pause : 75,9 %
  • Je suis une personne stressée, anxieuse : 73,9 %
  • Je suis hypersensible : 69,8 %
  • Je suis perfectionniste : 66,7 %
  • Je me compare beaucoup aux autres : 65,1 %
  • J’ai du mal à accepter l’échec / à montrer ma faiblesse aux autres : 62,5 %
  • Je remets souvent les choses au lendemain (tâches à faire etc) : 56,3 %
  • J’ai du mal à faire confiance aux autres, je veux tout contrôler : 55 %
  • Je suis compétitif/ve et veux toujours être le/la meilleur(e) : 26,3 %

Quelle est votre estime de vous-même (Êtes-vous fier de vous, vous sentez-vous utile, apprécié, capable de nombreuses choses etc.) ?

10 correspond à une forte estime de vous. (2047 réponses)

Note ayant obtenu le plus de réponses : 6/10 (20,5% des réponses)

Vous souhaitez répondre à l’enquête ?

Elle est toujours ouverte ! Vos réponses contribueront à augmenter les connaissances sur ce trouble encore trop peu connu qu’est la dermatillomanie. Ce questionnaire vous aidera aussi à mettre des mots sur vos maux et à vous poser les bonnes questions.

Merci d’avance à tous ceux qui y répondront !

COMMENT AIDER UNE PERSONNE ATTEINTE ?

L’un de vos proches souffre de dermatillomanie. Vous aimeriez l’aider mais êtes démuni face à son comportement et ne savez comment vous y prendre. Vous avez peut-être même déjà essayé des approches, mais avez eu l’impression d’être maladroit(e). Vous aussi, vous souffrez de cette situation. Alors….

  • comment réagir ?
  • que faire ?
  • que dire ?

Ce qu’il faut comprendre

Ce n’est PAS de sa faute. Retenez vraiment que, si la personne le pouvait, bien sûr qu’elle arrêterait ces comportements. C’est d’ailleurs ce qu’elle espère le plus au monde ! Mais, comme tout trouble, c’est quelque chose qu’elle ne maîtrise pas.

Elle a besoin, plus que tout, de votre soutien, de votre écoute, et de votre amour. Sentir que vous l’aimez, même avec ce trouble. Car déjà, se confier à vous et vous en parler est une grande preuve de confiance (et souvent un moment très dur à passer !).

Être dermatillomane ne signifie pas être “fou/folle”. Juste être une personne anxieuse, souvent très sensible, submergée par ses émotions, qui ne sait pas comment les gérer autrement qu’en se réfugiant “dans” sa peau. C’est un refuge (comme peuvent l’être la cigarette, l’alcool, le café). Et oui, toutes les personnes ayant de l’acné ne développent pas pour autant ce type de trouble. Mais pour les dermatillomanes, l’acné est l’élément déclencheur d’un trouble qui prend racine bien plus profondément.

Ce que vous pouvez faire

Renseignez-vous sur la dermatillomanie pour mieux comprendre ce que votre proche traverse. J’espère que ce site Internet mais aussi mon compte Instagram @peau.ssible et mon podcast pourront vous aider là-dedans. Si besoin, vous pouvez également vous procurer mon livre « Mon histoire avec la dermatillomanie » qui vous permettra de vous mettre « dans la peau » d’une personne atteinte de ce trouble et de flâner de précieuses informations sur ce qui aide et n’aide pas… Une partie dédiée aux proches est d’ailleurs présente à la fin du livre.

Vous pouvez essayer de remonter le moral de la personne via de petites attentions bienveillantes : des mots affectueux sur son miroir, une lettre, l’achat d’un livre qui pourrait l’aider, un cadeau pour lui permettre de se détendre (comme un massage).

Essayez de ne pas juger, critiquer, dénigrer ou mettre la pression à la personne pour qu’elle change. Il est déjà assez dur et culpabilisant de vivre avec ce trouble qui provoque des crises totalement indépendantes de notre volonté. Essayer de provoquer un « déclic » par exemple pourra avoir l’effet inverse et créer une forte anxiété pour la personne.

Faites comme si de rien n’était. Faire des remarques à la personne sur sa peau, lui proposer un RDV chez le dermatologue ou des soins anti-acné ne vont pas nécessairement aider.  Parfois, certains proches pensent bien faire d’ailleurs en disant à la personne « oh ta peau est mieux aujourd’hui ! ». Mais tout cela fait sentir à la personne que sa peau se « remarque », qu’elle est jugée. Valorisez la personne sur autre chose que son physique, sur ses qualités. Aidez-là à prendre conscience du fait qu’elle est bien plus qu’une peau et que sa valeur réside ailleurs !

Soyez à l’écoute, restez présents. Il est normal que vous ayez du mal à comprendre, si vous n’avez jamais été atteint d’un trouble psy ou d’une addiction qu’elle quelle soit. Mais un conseil non-demandé est rarement le bienvenu. Faites sentir à la personne que vous êtes là si elle a besoin de parler. Demandez lui ce que vous pouvez faire pour elle. Elle l’aura entendu et viendra vers vous si elle en ressent le besoin. Faites-lui confiance dans sa capacité à guérir ! Car OUI, elle peut, et elle va y arriver ❤️️

Faites-lui confiance. Même si ce conseil peut être difficile à lire, retenez bien que vous ne pourrez pas empêcher une personne de faire de crise, ni la forcer à guérir. Vous ne pourrez pas faire le travail à sa place. Il/elle doit avoir envie d’aller mieux, d’agir, de se reprendre en main. Cette impulsion doit venir de lui/elle. La personne devra parfois passer par plusieurs étapes avant d’y être véritablement prête. Laissez-la trouver ses propres ressources. Le temps accouche toujours de ses victoires. Tout est enseignement.

Par contre, vous avez un grand rôle à jouer dans le fait d’accompagner, d’écouter, de rassurer, d’encourager. Vous pouvez lui montrer que vous êtes disponible si besoin et laisser la personne venir quand elle le voudra.

Ne vous flagellez pas si vous avez blessé ou fait des erreurs. Qui n’en fait pas ? Vous avez fait du mieux que vous pouviez, avec votre perception des choses, votre vécu, vos peurs aussi, parfois. Si désormais vous êtes prêt à entamer une nouvelle démarche de soutien, c’est le plus important. Vous POUVEZ aider, si vous avez le bon mode d’emploi !

Bravo de chercher à comprendre, aider, soutenir, et d’être là, en train de lire ces mots. Gardez espoir : le meilleur est à venir.