Enquête en cours · analyse d’octobre 2026

Enquête sur la dermatillomanie

Résultats de 3 302 réponses au questionnaire Peaussible

La dermatillomanie pousse à triturer sa peau de façon répétée, sans parvenir à s’arrêter. Depuis 2019, plus de 3 000 personnes qui la vivent ont répondu à mon questionnaire. Il est toujours ouvert : cette page présente les résultats arrêtés en octobre 2026.

À propos de cette enquête

Camille Montaz, fondatrice de Peaussible

Qui je suis

Je m’appelle Camille Montaz. J’ai moi-même souffert de dermatillomanie, et j’en parle aujourd’hui sur le compte Instagram @peau.ssible et dans mon livre Mon histoire avec la dermatillomanie. Je ne suis ni médecin ni chercheuse : je suis une patiente devenue experte de son trouble.

Pourquoi je l’ai lancée

En février 2019, avant même de créer le compte Instagram Peaussible, je me suis demandé si ce que j’avais vécu n’appartenait qu’à moi. Si mon histoire était assez universelle, elle pouvait devenir un projet utile à d’autres. J’ai créé ce questionnaire sans imaginer qu’il recevrait autant de réponses.

Ce que j’ai découvert

Il n’existe pas de profil type, mais les points communs sont nombreux : un trouble qui commence souvent au début de l’adolescence, des crises le soir devant le miroir, les mêmes petites phrases (« juste celui-là et après j’arrête »), le même sentiment d’être bizarre ou un peu folle. C’est ce qui m’a donné envie de lancer Peaussible.

Comment elle est menée

Un questionnaire en ligne d’environ 70 questions, ouvert depuis février 2019 et toujours en cours. Cette analyse porte sur les 3 302 réponses reçues jusqu’en octobre 2026, dont 80 % entre 2019 et 2022. Certaines questions ont été ajoutées en route et comptent moins de réponses.

Ses limites, que je préfère vous dire clairement

  • À l’époque, je n’avais aucune connaissance en méthodologie d’enquête. Je l’ai construite de façon très spontanée.
  • La formulation des questions, le vocabulaire et le choix entre questions ouvertes et réponses à cocher ont forcément orienté certaines réponses.
  • La plupart des personnes ont découvert l’enquête via Peaussible : elles connaissaient déjà le trouble. L’échantillon n’est pas représentatif.
  • Les réponses sont déclaratives : personne n’a été diagnostiqué dans le cadre de l’enquête.
  • 97,7 % des personnes sont des femmes : cela reflète l’audience de Peaussible, pas forcément la réalité du trouble.
  • Pour les questions ouvertes, les pourcentages viennent d’un comptage de mots-clés : ce sont des ordres de grandeur.

Ces chiffres ne mesurent donc pas la fréquence de la dermatillomanie en France.

Ils décrivent ce que vivent, au quotidien, plus de 3 000 personnes qui en souffrent. À ma connaissance, aucune autre enquête de cette ampleur n’a été menée en français sur ce trouble.

Vous découvrez ce trouble ? Commencez par ma page La dermatillomanie : un trouble peu connu.

Les chiffres clés de l’enquête

3 302 réponses · analyse d’octobre 2026

12 ansâge médian au début du trouble, quand il est précisé
90 %font leurs crises le soir
80 %dans la salle de bain
71 %citent l’ennui comme déclencheur
88 %ressentent de la culpabilité après une crise
51 %n’en parlent pas à leur entourage

Profil des répondants

Les 3 302 personnes qui ont répondu sont à 97,7 % des femmes. L’âge médian est de 25 ans, et la grande majorité a entre 18 et 34 ans. 41 % ont un emploi salarié, 36 % font des études.

Le trouble commence tôt. Parmi les 521 personnes qui ont donné un âge précis, la moitié avaient 12 ans ou moins au début, et plus de trois sur quatre avaient moins de 15 ans. L’adolescence revient sans cesse dans les récits.

Âge des premiers triturages

10 ans ou moins28 %
11 à 14 ans49 %
15 à 18 ans18 %
19 à 25 ans4 %
Après 25 ans1 %

Âge au début du trouble, quand il est précisé (521 personnes).

Les zones et reliefs triturés

On réduit souvent la dermatillomanie à un problème de peau. Pourtant, 70 % des personnes interrogées décrivent leur acné comme faible. Le visage est touché chez 91 % d’entre elles, mais le trouble s’étend souvent bien au-delà.

Visage91 %
Dos55 %
Poitrine53 %
Bras43 %
Épaules42 %
Cuir chevelu36 %
Peau des lèvres27 %
Doigts18 %

Zones touchées (3 293 réponses). Plusieurs réponses possibles.

Boutons93 %
Points noirs82 %
Croûtes79 %
Poils incarnés64 %
La peau elle-même48 %

Ce qui est trituré (3 288 réponses). Plusieurs réponses possibles. Plus de la moitié des personnes qui utilisent un outil citent la pince à épiler.

À quoi ressemble une peau triturée ?

Ces photos ont été partagées anonymement par des personnes de la communauté Peaussible, qui ont accepté qu’elles servent à faire connaître le trouble. Elles montrent sa diversité : différentes zones du corps, des marques légères ou plus fortes, des triturages récents et des cicatrices.

Les lésions peuvent être plus ou moins fortes. Et avec la dysmorphophobie (le fait de percevoir un défaut physique de façon très exagérée), une marque légère peut sembler énorme à la personne qui la vit, même si elle ne l’est pas aux yeux des autres.

Elles sont floutées par défaut. Cliquez sur une photo pour la voir, seulement si vous vous en sentez capable.

Joue
Dos
Jambes
Décolleté
Pied
Ventre
Menton
Avant-bras
Haut du dos
Jambes
Dos
Jambes · cicatrices
Épaule
Cuisses et bras
Haut du bras

Merci du fond du cœur aux personnes qui les ont confiées.

Les crises : moment, lieu, durée

le soirpour 90 % des personnes
salle de bainpour 80 %, devant le miroir
30 min à 1 hdurée la plus fréquente (43 %)

La crise survient aussi pendant une activité passive, devant un écran par exemple (58 %). Elle dure plus d’une heure pour 22 % des personnes, et 12 % disent triturer leur peau la nuit, sans en avoir conscience.

Pour 55 % des personnes, les crises diminuent en groupe ou en voyage. Le contexte compte énormément.

Les déclencheurs de crises

Période stressante75 %
Ennui, moment sans programme71 %
Croiser son reflet dans un miroir60 %
Rendez-vous stressant35 %
Épilation31 %
Revoir quelqu’un perdu de vue24 %
Événement avec beaucoup de monde23 %
Je ne sais pas comment ça arrive13 %

Déclencheurs identifiés (3 293 réponses). Plusieurs réponses possibles.

L’ennui, presque à égalité avec le stress

Le stress arrive en tête, ce qui n’étonnera personne. L’ennui le suit de très près, et c’est sans doute le résultat le plus méconnu de l’enquête.

La dermatillomanie ne surgit pas seulement dans les moments difficiles, mais aussi dans les moments vides : le soir, devant la télé, entre deux choses à faire.

Pendant et après la crise : des pensées et des émotions partagées

Parmi les 2 006 personnes qui ont noté une « petite phrase » qui précède leurs crises, la moitié emploient les mots « juste », « seulement » ou « un seul » : « je vais juste vérifier », « juste celui-là ».

Pendant la crise, environ 40 % décrivent un état de vide ou d’automatisme, où elles ne pensent à rien. Et sans qu’aucune question ne le leur demande, près de 300 personnes ont écrit se sentir folles, bizarres ou « pas normales ».

86 % des personnes qui ressentent du soulagement après une crise ressentent aussi de la culpabilité.

C’est tout le piège du trouble : il apaise sur le moment et fait souffrir ensuite.

29 %

disent qu’il leur arrive de manger ce qu’elles retirent (peaux, croûtes). Un geste dont on ne parle presque jamais, et pourtant partagé par près d’une personne sur trois.

Culpabilité88 %
Honte73 %
Tristesse64 %
Dégoût60 %
Colère53 %
Soulagement44 %
Peur17 %

Ce que les personnes ressentent après une crise (3 288 réponses). Plusieurs réponses possibles.

L’impact sur la vie quotidienne

65 %se sentent sales à cause du trouble
18 %ont déjà eu une infection à cause du trouble**
65 %ont déjà annulé une soirée à cause de leur peau*
24 %ne sortent jamais sans maquillage, même pour le sport
60 %disent avoir connu des épisodes dépressifs
45 %notent leur estime d’elles-mêmes à 5 sur 10 ou moins

* Parmi les 2 090 personnes qui ont répondu à cette question. 22 % ont aussi déjà annulé une réunion de famille, 13 % des vacances. ** Parmi les 1 969 personnes qui ont répondu sur les complications médicales.

Ce qui gêne le plus aujourd’hui

D’abord les cicatrices et les marques, puis le regard des autres, le temps perdu et la difficulté à porter certains vêtements l’été.

66 %

notent à 7 sur 10 ou plus la phrase « j’ai besoin que les gens me trouvent beau / belle pour être accepté ».

Les phrases qui reviennent

  • « Je pense trop, je n’arrive pas à mettre mon cerveau sur pause »77 %
  • « Je suis une personne stressée, anxieuse »74 %
  • « Je suis hypersensible »68 %
  • « Je suis perfectionniste »67 %
  • « Je me compare beaucoup aux autres »66 %

Phrases dans lesquelles les personnes se reconnaissent (3 291 réponses). Plusieurs réponses possibles.

La découverte du mot « dermatillomanie »

C’est peut-être le résultat le plus parlant pour les professionnels de santé. Lorsqu’on leur demande comment elles ont découvert qu’elles souffraient de dermatillomanie, environ 3 personnes sur 10 citent une recherche sur internet, et une sur sept cite Peaussible.

Moins de 4 % évoquent un psychologue ou un psychiatre, et moins de 3 % un médecin ou un dermatologue.

Moins de 3 % ont appris le nom de leur trouble par un médecin ou un dermatologue.

Merci à vous 💛

Merci à toutes les personnes qui ont pris le temps de répondre, parfois très longuement, et de confier des choses si intimes.

C’est grâce à tous vos témoignages que l’information sur la dermatillomanie grandit ! J’espère que ça permettra une meilleure connaissance du trouble par les professionnels de santé et une meilleure prise en charge. Je vais tout faire pour, à mon échelle !

Le questionnaire est toujours ouvert. Si vous souffrez de dermatillomanie, ou en avez souffert, vous pouvez y répondre à votre tour.

Répondre au questionnaire

J’aimerais un jour refaire cette enquête avec une méthode plus rigoureuse, idéalement avec des chercheurs. Si vous êtes chercheur ou chercheuse, ou soignant·e, et que le sujet vous intéresse, écrivez-moi !

Gratuit · PDF de 15 pages

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Cette page présente l’essentiel. Le rapport reprend toutes les questions, avec les chiffres détaillés, la méthode et les limites. Indiquez votre adresse e-mail : il vous sera envoyé directement.

  • Le début du trouble
  • Les crises et leurs déclencheurs
  • L’impact au quotidien
  • Le parcours de soin

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Camille Montaz tenant son livre Mon histoire avec la dermatillomanie
Plus de 4 000 exemplaires vendus

Le premier livre en français sur la dermatillomanie

Dans Mon histoire avec la dermatillomanie, je raconte mon parcours, ce qui m’a aidée à m’en sortir, et j’y commente les premiers résultats de cette enquête.

Découvrir le livreComprendre le trouble

Enquête menée par Camille Montaz (Peaussible), questionnaire en ligne ouvert depuis février 2019 et toujours en cours. Analyse arrêtée en octobre 2026, sur 3 302 réponses.